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Articles

Affichage des articles du mars, 2017

Ce serait dommage de s'en priver

photo (c) Antonin Crenn, vitrine des Mots à la Bouche
La passerage des décombres est une plante qui prospère dans les terrains vagues, les ruines. Son habitat est celui que les plantes nobles refusent. C'est dans un coin idéal à sa prolifération, des ruines d'un pont de chemin de fer que le narrateur, enfant au début de l'histoire vient jouer. Les années passent et il continue de venir s'isoler dans cet endroit tranquille avec Titus son ami d'enfance.Antonin Crenn écrit des textes lisibles en ligne. Ce petit livre est son premier publié. Très court, 10 pages, mais attention, chez Lunatique quand même, une belle maison qui soigne ses parutions. Belle couverture, belle mise en page, même soin apporté à cet ouvrage très fin qu'à un roman plus épais.Le texte est très beau, un peu mélancolique, des souvenirs d'enfance, comme des périodes heureuses qu'on ne revivra pas, mais il est aussi positif puisque d'autres beaux moments existeront. C'est une nouv…

Rancœur sourde et beauté contrainte

Ce que pourrait signifier l’ouverture d’une librairie dans un village de Sardaigne.La librairie a ouvert le 30 juillet 1984, le seul jour de pluie du mois. Maurizio, le propriétaire, avait tout prévu car c’était aussi relâche au cinéma. Rien à faire au village. Rien à faire nulle part dans ce maudit pays. Des jours entiers de distribution de tracts dans notre village et dans les autres, un peu plus éloignés. Trois ou quatre kilomètres, maximum.Da MaurizioLa librairie nouvelle !Ouverture le 30 juillet,venez nombreux pour lire et boire un verreQuand ma mère ouvrit la boîte à lettres (mon père ne s’abaissait jamais à « ça », il répétait à qui voulait l’entendre que si on avait quelque chose à lui dire, il fallait venir le trouver directement), elle découvrit un bout de papier inhabituel. Elle le lut avec entrain, comme si on allait lui apprendre qu’elle avait gagné à un jeu auquel elle n’avait pas participé.« Da Maurizio, encore une pizzeria, pensa-t-elle. Mais quand arrêteront-ils d’en …

c’est fou les choses qu’on trouve

La construction abandonnée et la mauvaise herbe en cordes secrètes, joueuses et dangereuses, des enfances à projeter.Il pousse vraiment n’importe quoi dans cet endroit. Là, sous les arches, tout autour entre les tas de cailloux, et jusqu’au bout du terrain, vers le chemin de fer : il y en a partout. De l’autre côté, par contre, c’est beaucoup plus organisé depuis qu’il y a les immeubles, ils ont tout désherbé pour faire une allée bien propre, avec du béton et tout. Mais, au pied de la ruine, c’est fou les choses qu’on trouve, des plantes immenses qui grandissent à vue d’œil. J’aime bien, parce que c’est le fouillis ; sinon, les plantes, ce n’est pas trop mon truc. Je n’y comprends rien.

En dix très belles pages, la nouvelle d’Antonin Crenn, Passerage des décombres, parue en mars 2017 aux éditions Lunatique nous invite à suspendre brièvement le temps, et à retrouver les terrains vagues, châteaux d’eaux désaffectés, ponts de chemin de fer abandonnés par le trafic, vieux murs écroulés, fr…

Rennesdez-vous à Rue des Livres

La saison des salons s'ouvre avec le festival Rue des Livres, à Rennes, les 18 et 19 mars (au parc des Gayeulles).Lunatique a invité cette année Philippe Vourch, pour La Mort embrasse malPhilippe dédicacera son roman le samedi. Ce même jour, Mael Le Guennec sera là aussi. Pas de nouvelle publication, simplement le plaisir d'être avec nous.

Quoi de 9, en mars ?

En résidence d'écriture à Laval, Marlene Tissot a invité Perrine Le Querrec à une causerie littéraire, aux cafés Estienne (Médiapole), ce jeudi 9 mars, à 20 h 30.Avec quatre titres à elles deux au catalogue (Mailles à l'envers, Le Poids du mondeTêtes blondesetL'Apparition), sûr qu'on causera aussi un peu de Lunatique.
On retrouvera avec grand plaisir Perrine à Paris, plus précisément à la librairie Charybde, 129, rue de Charenton, 75012, pour une soirée à propos de la nouvelle.D'autres auteurs (Antonin Crenn, Corine Pourtau), d'autres éditeurs (Antidata,L’Atelier de l’Agneau,Le Chemin de Fer) seront également de la partie.Pour tout savoir sur cette rencontre : c'est ici.

L'accueil y est tel, à la librairie Charyde, que Perrine reviendra bien volontiers le 13 avril. 

l’art du malentendu dramatique, de l’attente tragiquement déçue, ou de l’ironie du sort

À l'occasion de la sortie de la réédition de Pour que demain vienneCorine Pourtausera l’une des sept invitées et invités de la« Soirée de la nouvelle »,mercredi 15 marsprochain à partir de 19 h 30 à la librairie Charybde(129 rue de Charenton 75012 Paris), avec les éditeursAntidata,L’Atelier de l’Agneau,Le Chemin de FeretLunatique.Note de lecture postée par charybde2 ⋅ 1 mars 2017Cinq nouvelles de l’ironie du sort et du destin joliment accablant.Cinq nouvelles d’espoir et de désarroi, de tendresse désarçonnée, de choses qui auraient pu mieux tourner, d’humour noir et d’ironie du sort, parfois assenant leur simplicité diabolique en un coup fatal, parfois développant une ruse machiavélique pour porter leur estocade. Qu’il s’agisse des retrouvailles tardives et délicates entre une jeune mère éplorée et son ex-adolescent fugueur (« Valse lente »), d’une jeune Ukrainienne fuyant désespérément la cave française des trafiquants humains qui l’ont saisie (« Pas de deux »), d’une tentative…

« danses macabres »

Nouvelle Donne se présente comme le magazine de toutes les nouvelles. Et en effet, le site fourmille d'informations sur le sujet, classées en plusieurs rubriques : 
Concours de nouvellesAppels à textesNouvelles à lireChroniquesCette dernière nous intéresse plus particulièrement, et pour cause : on y trouve une recension de Pour que demain vienne, de Corine Pourtau !C’est toujours avec plaisir que nous découvrons de nouveaux auteurs, surtout quand ils sont aussi talentueux que Corine Pourtau. Ce recueil, curieusement titré Pour que demain vienne, aurait plutôt dû s’appeler « Dansez, les petites filles », début d’un poème de Victor Hugo mis en exergue et repris par extraits avant chaque nouvelle. Celles-ci ont d’ailleurs pour titres Valse lente, Pas de deux, Pavane, Bacchanale et Séguedille, c’est dire si le thème de la danse est omniprésent, même s’il n’est utilisé que comme métaphore. En fait, il s’agirait plutôt de « danses macabres » car les malheureuses héroïnes de Corine Pourta…

« Merci de ne pas me prendre pour le débile de service. »

L’Ange gardien, de Raymond Penblanc, ne pouvait que séduire Les Corps célestes...
L’Ange gardienpublié par les éditions Lunatique en 2017, ouvre un espace singulier, celui que l’on trouve dans un passage de l’Histoire lausiaque de Palladius relatant la vie d’une sainte qu’on appelle salê. Salê est « l’idiote » du monastère des femmes Tabennésiotes. Elle fait le ménage pour la communauté, tout le monde la méprise mais elle finit par être reconnue pour sa très grande piété. C’est aussi la figure de Matriona Vassiliévna (dans La maison de Matriona de V. Soljénistsyne), cette femme russe qui, alors qu’elle vit dans une extrême misère, ne peut s’empêcher de faire don de soi, à tel point qu’on la prend pour une idiote et qu’on abuse de sa générosité. Les petites gens, ceux qui rasent les murs et s’excuseraient presque d’exister, sont d’autant plus humiliés qu’ils sont volontiers au service des autres. Ce faisant, ils créent l’équilibre général : pour que la communauté soit liée, il en faut u…

La (dé)convers(at)ion au judaïsme

Benjamin Taïeb était l'invité de Michel Seyrat dans l'émission Qu'en lira-t-on ? du 2 mars 2017 (radio RCF). De quoi ont-ils parlé ? De sa (dé)conversion au judaïsme!
Benjamin sera en dédicaceà la librairie Libralirele 23 mars prochain, à partir de 19 heures(enfin, il a intérêt à arriver un peu avant !).

une histoire simple, profonde et forte

« Ce roman [La Mort embrasse mal] vous emmène dans une histoire simple, profonde et forte. Tout est dit dans les premières pages. Pas de surprise ou de rebondissement scénaristique flirtant avec l'absurde ou le spectaculaire. Non, ici nous sommes dans l'apprentissage de la vie. Fin d'été. Quentin découvre la 6e. Son groupe de copains va-t-il se disloquer ? Son regard croise celui de celle qui lui fera battre son cœur, sauf qu'elle ne terminera pas l'année. Entre roman d'adolescence et fable sur la vie, on se sent toujours familier. L'auteur [Philippe Vourch] a le don de décrire avec soin et sans lourdeur les détails les plus authentiques de ces situations que nous avons tous plus ou moins vécues. La liberté à vélo, les rivalités, les peurs, les larcins, les tentions familiales et surtout la maladie. Jamais le livre ne joue à être autre chose que ce qu'il est : honnête, sincère et toujours juste. Ça toucherait les ados je pense. Ce texte apporte beaucoup…

Pourquoi cette vie de chien ?

 (nouveau) Teaser de Vie de chienSpectacleTexte et mise en scène :Thierry MoralIllustrations :Bertrand ArnouldRéalisation du teaser : Antoine ChartierDécor : T. LyoenLumières : F. FrémyPhotos : Adelk PhotographieConseils artistiques : B. Delvalle & G. DumontCie In Illo Tempore

Livre : Éditions Lunatique

et il y a l’Autre...

Une langue mentale… à vous la délier !Isabel Desesquelles« Un roman d’amour noir » est-il écrit sur la quatrième de couverture, tant il est vrai après lecture, que ce texte l’est, sombre. Et que l’amour y est non seulement tordu mais aussi sacrément malade ! Cependant oui, l’amour est là à chaque page, mais comme craché par l’auteure. A sa manière bien particulière, Violaine Bérot nous livre sa version de l’enfant sauvage, l’innocence claquemurée. Violentée. C’est une prouesse qu’elle réussit, de glacer de bout en bout, d’oppresser, en entrant non pas avec une plume mais un scalpel dans la tête de ses personnages. Il y a là Titou, l’enfant adoré et il y a l’Autre, le frère, appelé aussi l’Ahuri, c’est tout dire. Il y a leur mère que l’on plaint et que l’on maudit. Il y a aussi une gamine, Betty, des élastiques de couleurs au bout de ses nattes et dès qu’elle bouge la tête cette fille c’est un arc-en-ciel. Tour à tour les voix des protagonistes s’élèvent composant un choeur tragique, a…

De Charybde en Lira

Rendez-vous est pris le 15 mars, à partir de 19 h 30, avec les éditions Antidata, L'Atelier de l'agneau, Le Chemin de fer et Lunatique pour une soirée de la nouvelle à la librairie Charybde.




Chaque éditeur sera escorté par un ou plusieurs auteurs de nouvelles afin de défendre ce « mauvais genre » littéraire.
Aux côtés de Lunatique, il y aura Perrine Le Querrec pour Têtes blondes, et deux nouveaux venus dans la maison :
Corine Pourtau, qui présentera Pour que demain vienne
et Antonin Crenn, qui nous fera un cours (un court ?) sur la Passerage des décombres.
Nous n'oublierons pas d'évoquer Une Librairie en pays hostile, de Michaël Uras, qui paraît le même jour : 14 mars.

Séguedille, in Pour que demain vienne, Corine PourtauQuand elle entre dans le passage, la grande horloge murale au-dessus du magasin de miniatures pour maisons de poupées l’accueille, comme depuis un quart de siècle à présent, immuablement surmontée de son 1846, dont elle se demande encore ce qu’il commémore. …