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Articles

Affichage des articles du juin, 2015

« Ce n’est pas l’irrévocable qui coule entre les lignes sublimes de Marlene Tissot, mais l’encre qui condamne et dénonce l’indifférence et le déni »

Marlene Tissot, nouvelliste de grande envergure, écrit avec art ce Poids du Monde. 26 pages d’une histoire sans possible issue. Où les mots, pleurent à notre place. Superbe de réalisme, cette nouvelle est sombre comme une chape de plomb. L’incipit introduit l’âme douloureuse de ce récit.

« Il y a cette petite baraque là-bas, au milieu d’un jardin abandonné. »L’histoire de Lili courageuse, battante est le soleil en promesse d’un avenir meilleur. Le narrateur, son époux et père de leurs deux enfants, est dans un gouffre. Tel Le Rocher de Sisyphe il se bat jusqu’au bout contre l’adversité.Page 25 : « Dans le blanc de ma nuit, les étoiles s’éteignent. »La petite baraque est le symbole fort qui conclut à lui seul l’impossible espoir.Tel l’horizon, ce dernier, intouchable, piège les rêves de Lili, et les mots forts du narrateur et leur vie en pesanteur. Sociologique, cartographie d’une société où le puissant écrase le faible, cette nouvelle résonne en écho dans de trop nombreuses constructio…

Lunatique prend ses Quartier Latin

L'accueil fut tel l'an dernier, que Lunatique que ne pouvait que revenir au Salon des éditeurs indépendants du Quartier Latin.

Rendez-vous donc les samedi 27 et dimanche 28 juin 2015dans le cloître du Lycée Henri-IV
Sur le stand, les petits livres côtoieront des plus grands, plus brillants : des Cafard hérétique !


Et, puisqu’on parle de ces petites bêtes, sachez qu’elles se répandront à La Manœuvrele mercredi 24 à partir de 18 h 30pour une soirée pleine de poésie et de chips.

«  Le désespoir n'a pas de nom, pas de prénom. »

«  Dense, noire, sensible, élégante, Le poids du monde de Marlene Tissot,nouvelle de 20 pages parue l'an dernier aux éditions Lunatique, nous raconte la dérive psychologique d'un homme qui ne parvient plus, malgré l'amour des siens - de sa femme et de ses deux enfants - à s'insérer ni dans la société ni dans la vie tout simplement.La seule charité, la seule compréhension qu'il trouve l'espace d'un jour se trouve chez les forains.Chômage, dettes, huissiers finissent par avoir raison de lui.À trop porter ainsi le poids du monde, il s'imagine, pris dans l'implacable logique qui l'entraîne vers le fond, qu'un sacrifice (le sien) est nécessaire pour permettre à sa femme Lili et à leurs deux jeunes enfants de tout reprendre à zéro.Il y a du David Goodis dans l'atmosphère du récit.Anti-héros sans espoir.
Il y a surtout du Marlene Tissot qui trace sa route de poétesse, de romancière, de nouvelliste.Le destin, même s'il n'est pas écrit ave…

« Ce qui est réjouissant dans ce récit réduit à l’épure, c’est sa méchanceté. »

« Ce qui est réjouissant dans ce récit réduit à l’épure, c’est sa méchanceté. « [...] tout est décalé dans ce livre [Le Collège de Buchy], à commencer par la phrase, dont l'élégance contraste avec le caractère apocalyptique et l’excès ostensible du propos. « […] Ici, pas de psychopédagogie, Dieu merci. Quant au mot de harcèlement, qui ramènerait les comportements évoqués dans la catégorie rassurante des sujets de société, il n’est même pas prononcé. Ce qui ne veut pas dire que la dimension socio-politique soit absente du roman de Lefebvre. On sait, depuis La Société de consolation (Sens & Tonka, 2000), son intérêt pour le monde comme il va. Et sa vision du collège comme lieu de formatage des individus, dont ils sortent « détruits à l’intérieur » si bien qu’« on peut leur faire acheter n’importe quoi et les faire voter pour n’importe qui », s'inscrit, on s'en doutait, loin de la niaiserie bien-pensante de rigueur sur pareils sujets.Et puis il y a ce surprenant glissemen…

« L'auteur s'amuse à tordre le cou aux coups tordus tant attendus »

« Et là on se rend compte que l'auteur s'amuse à tordre le cou aux coups tordus tant attendus. On en perd son latin tout en se disant que quand même, dans le fond, il y a des choses qui laissent des traces. Ce livre en laisse, et c'est tant mieux ! »Le Collège de Buchy,deJérémie Lefebvre, fait ses classes sur Libfly

Conte cruel qui mord jusqu’au bout

« Une nouvelle publication de la collection 36e Deux Sous des éditions Lunatique, chouette ! On retrouve bien l'univers sombre et drôle cher à la maison. Je découvre l'écriture de Pascal Pratz, claire, qui va droit au but et qui nous en retourne de belles au coin de quelques fins de paragraphes. [...] On trempouille dans la mélasse cérébrale du "moi j'aurais fait quoi à sa place ?" tout en se délectant de ce conte cruel qui mord jusqu’au bout. Moi, perso, j'en reprendrai bien une tasse de Pratz. »Le Succube du tyran, vu sur Libfly

Les Voix mortes virent au gris

LES ÉDITEURS ET AUTEURS PRÉSENTS
Al Dante« Il y a une phrase de Charles Pennequin qu'on ne se lasse pas de répéter, parce qu'elle colle au quotidien de tous ceux qui n'ont pas encore abdiqué : «Je suis vivant, absolument vivant, c'est-à-dire dans la merde.» Il dit aussi, face positive de la même idée : «Penser provoque des nuisances (pour l'entourage).» C'est ce qui ressort du week-end qui a ouvert l'exposition consacrée par Henri Ronse et sa Caravane des poètes à l'intransigeant éditeur de poésie contemporaine Laurent Cauwet, homme-orchestre d'Al Dante depuis dix ans, et toutes ses dents. Al Dante est «dans la merde» structurellement comme tout ce qui résiste, donc vivant. »(Libération, 19 septembre 2006)http://al-dante.org/
Lunatique« Lunatique n’est pas en quête du livre qui va marcher, qui va se vendre, parce qu’il traite d’un sujet dans le vent ou est écrit par un auteur en vogue, mais d’une histoire riante ou émouvante aux phrases sculptées dans…

« Tu ne te laisseras pas prendre en otage par ton imagination. »

Tu ne te laisseras pas prendre en otage par ton imagination. Tu dois inspirer, expirer, sentir l’air s’engouffrer dans ta gorge, et gonfler tes poumons. Tu tiens le volant des deux mains car ton corps est traversé de légers spasmes. Concentre-toi sur ce qu’il y a devant toi et rien d’autre. Tu suis le flot des véhicules qui s’engagent les uns après les autres sur la rocade. Oublie les scories. Envisage la scène que tu es en train de vivre, par le bout de la lorgnette. Ne fais pas attention aux nombreux piétons qui slaloment entre les automobiles. L’un d’eux a heurté ton rétroviseur et le bruit t’a fait sauter au plafond. Ton cœur bat la chamade. Tout va bien. Il n’y a aucun danger, sauf celui que tu crées dans ton esprit. Reste concentrée. Accélère pour rejoindre la file de droite. Maintiens un bon mètre de distance avec la voiture qui roule devant toi.p. 17
À lire le site, d’autres extraits de la nouvelle de  Stéphanie BraquehaisLes Murs.

« Plus envie de rire du tout. »

C’est dans la cuisine, ce matin-là, que j’ai commencé à le détester. Parce que lui, ce pantin lubrique, il a découvert toutes les jeunes filles qui y officiaient. Jusque-là, il n’avait pu les rencontrer. Au moins douze jeunes beautés bien appétissantes. Il s’est fait charmant. Elles devaient lui plaire beaucoup, toutes ces jeunettes en costume traditionnel. Et elles, bien sûr, bien forcées, elles lui rendaient ses sourires. C’était incroyable ce petit homme ramolli et vulgaire qui s’imaginait avoir du charme. C’était ridicule. Mais ça cessa de l’être quand il osa faire le mielleux avec Margarita. La moutarde m’est montée au nez. Plus envie de rire du tout. Margarita, c’était ma fiancée, ma promise.pp. 16/17
À lire sur le site, d’autres extraits du Succube du tyran, de Pascal Pratz.

10/10

La Vie des Livres organisait pour la deuxième année consécutive un concours de nouvelles, du 26 novembre 2014 au 1er avril 2015.Le thème était laissé libre à la fantaisie des participants.Le jury a réuni 6 auteurs, un bibliothécaire, une comédienne, des lecteurs du réseau social du livre Libfly.com et un membre de l’association Esquelbecq Village du livre pour dépouiller les quelque 200 textes reçus. Un record !Partenaire de ce concours, Lunatique sortira, à l'occasion de La Nuit des Livres, le 4 juillet 2015, à Esquelbecq Village du livre (près de Dunkerque) un recueil regroupant les 10 premiers textes du palmarès. Une lecture publique de la nouvelle gagnante sera alors faite par Thierry Moral.Et toujours, la lecture sur les ondes de Radio Plus, et l’enregistrement, des trois premiers textes du classement final.Les résultats ont été annoncés le week-end dernier :


Toutes nos félicitations aux gagnants !
Et merci à Christophe Sueur, de l’émission La Vie des Livres, aux membres du jur…