Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du décembre, 2014

Viad'Lux

Le Viaduc du Livre a ouvert ses portes le 22 décembre.

Les dessous d'une bibliothèque

Dimanche 4 janvier de 10h à 12h30Le Bar d'à Côté – 33, rue porte carrée, 35140 Saint-Aubin-du-Cormier – vous propose une rencontre avec Anne-Claire Vilbert, bibliothécaire à la médiathèque de la commune. Ce rendez-vous nous permettra de découvrir les dessous d'une bibliothèque, ce qui se cache derrière les rayons, ce qui les fonde et les anime, avec un coup de projecteur sur l'importance et les avenirs possibles des bibliothèques publiques. Cette rencontre offrira sans doute un regard croisé avec celui d'autres bibliothécaires présents durant cette matinée.Rendez-vous dense et plaisant pour amorcer l'année 2015.Amoureux et curieux des livres, venez nombreux !

« Sa main au fond de sa poche serre ses derniers sous. »

« Yolanda marche droit devant elle tandis que le monde, dans son dos, continue à brasser ses esclaves en ronronnant. Elle s’engage sur un pont, vide à cette heure. L’eau en bas bouillonne, boueuse, boudeuse. Yolanda se penche par-dessus le parapet. Aspiration du vertige, le cœur manque un battement, désireux de se taire, de se reposer enfin, porté pas les vagues. Yolanda ferme les yeux. Sa main au fond de sa poche serre ses derniers sous. »p. 19D'autres extraits de Yolanda d'A. Nebojša, sont lisibles sur le site.

«  Il pèse combien, le monde ? »

« J’ai la vie coincée en travers du gosier, je ne dis rien de la soirée. On dîne sans un mot. Je mâche mes coquillettes au ralenti, je rumine, je réfléchis. Quand les petits sont couchés, le silence devient lourd. Rien pour faire diversion depuis qu’on n’a plus de musique ni de télé. On est dans la cuisine, Lili et moi.
Elle me demande pourquoi je suis aussi sombre. Elle dit qu’elle m’aime, qu’on s’aime tous les quatre et que ça, personne ne pourra jamais nous l’enlever. Elle dit que, quand je suis comme ça, j’ai l’air d’avoir le poids du monde sur les épaules. Il pèse combien, le monde ? »p. 24Pour faire bon poids bonne mesure, n'hésitez pas à lire d'autres extraits du Poids du monde, de Marlene Tissot.

« L’accordéoniste a l’air si sérieux, concentré, et ses mains, on dirait des gros vers qui sautent. »

« – Angèle, tu danses ?Je me lève et je m’accroche à mon cavalier, c’est une valse. J’ai la tête qui tourne, il est tard, l’orchestre joue depuis des heures. L’accordéoniste a l’air si sérieux, concentré, et ses mains, on dirait des gros vers qui sautent. Il commence à faire frais, je sens la fraîcheur de l’air sur mon visage. Mon cavalier essaie de capter mon regard. Et moi, je regarde ailleurs à cause de la tête qui me tourne. Je porte ma robe jaune à fleurs violettes. J’espère que l’attache-nourrice va tenir – la fermeture Éclair est cassée. »p. 12Un dernier tour de danse avec Angèle ? C'est possible, puisque d'autres extraits de la nouvelle de Mael Le Guennec sont à feuilleter sur le site.

« Cet effluve étrange et si particulier Propre aux objets abandonnés »

« J’ai traversé l’allée de l’immeuble, marché sur un sol carreléIl y avait encore les boîtes aux lettres sur le côtéMais tous les noms sur des plaques carréesComme des petits cercueils alignésJ’ai senti l’odeur quand j’allais m’éloignerCet effluve étrange et si particulierPropre aux objets abandonnésDe la cave en bas de l’escalierRosae rosae rosaÀ ces parfums qu’on n’oublie pasJ’ai ouvert cette porte qui donne sur la cour intérieureVide. Sans trace des plantes vertes, des bacsà fleursEt du petit rosier. Une cour carrée et sans couleursQui m’a fait envier Verlaine et ces auteursIllustres et bienheureux promeneursRetrouvant leurs antiques splendeurs »pp. 20-21D'autres extraits de De l'amour, de Séverine Capeille, sont en lecture sur le site.

« Dring ! Tu entends le réveil ? Je reviens d’un long sommeil. »

« Dring !Tu entends le réveil ?Je reviens d’un long sommeil. De ces rêves où l’on se perd en croyant se trouver. De ces voyages qui t’emmènent de l’Autre côté. Sur les rivages d’un je, nous, tu. Tu vois comme la langue est bien faite ? D’un je nous tue.
Entre le je et le tu, le nous n’a jamais existé. On peut le retirer. Comme on enlève une poussière d’un œil en train de pleurer.
Il suffit de souffler.
Le vent de tes mensonges.
Je et tu, comme un songe.
Je tue. Et je commence par tes yeux. Parce que sans eux j’aurais su me protéger, un peu. J’aurais pu éviter de tomber dans leur vide, en croyant y voir le feu.
Je massacre avec minutie. Je glace tes paupières avec la stalactite de mon corps refroidi.
Et puis je déforme ton sourire. Jusqu’à ce qu’il vole en éclats. Jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le brouillard givré. Et puis ta dent en or, ta petite dent sur le côté... se transforme en acier. Volumineux et oxydable. Jusqu’à te faire baisser la tête comme un coupable.
Je grave sur ta peau des …

La Gazette du Journal

« Journal d’un fœtus de Benjamin Taïeb [...] est un très bon exemple de ce que veut publier Lunatique. Lisez Journal d’un fœtus et pour les remises en question, l’irrespect, l’ironie, la dérision, vous serez servi! Ce fœtus est impossible ! Il nous donne depuis sa grotte de chair une vision inversée de notre monde. [...] Ça déchire, ça grince, ça cogne, c’est dérangeant juste ce qu’il faut pour semer des points d’interrogation là où il faut, pour ouvrir quelques fenêtres sur ce qui d’ordinaire s’entoure des brumes d’un idéologiquement correct. » La recension est signée Alain Freixe et peut se lire in extenso dans La Gazette de l’association des amis de L’Amourier (p. 7)

« La tentation du Nord, c’est la femme qui te tend sa fille à bout de bras et qui te dit de la prendre avec toi »

« La tentation du Nord, c’est la femme qui te tend sa fille à bout de bras et qui te dit de la prendre avec toi en France, qui te l’ordonne presque. Tu ris. Tu ris jaune, parce que tu sais qu’elle est sérieuse, mais tu ne veux pas lui montrer que tu sais. Et tu sais aussi que c’est sa fille unique, celle qui ne la quitte pas du matin jusqu’au soir. Celle qu’elle porte sur le dos toute la journée et avec qui elle dort.Emmène, emmène la petite. Elle aura un avenir là-bas, elle enverra de l’argent, elle sera heureuse, elle fera sa vie.Ne crois pas que cette femme veut se débarrasser de sa fille. N’imagine pas qu’elle veuille se faire entretenir. Tu n’aurais rien compris. Ne la prends pas en pitié non plus, chasse tes larmes pitoyables d’Occidentale, petite. Du sang sérère coule dans tes veines, reste digne. »p. 32Laissez-vous tenter par d'autres extraits de Mots de sable soufflés, de Cécile Benoist.

« Alors qu’elle regagnait le palazzo Danieli par le pont des Soupirs, son regard croisa celui d’un homme... »

« Alors qu’elle regagnait le palazzo Danieli par le pont des Soupirs, son regard croisa celui d’un homme en costume autrichien qui, très vite, lança un geste dans sa direction, comme pour lui intimer de ralentir. Carmen percevait le sourire derrière le masque et, sans plus réfléchir, se laissa entraîner.Trois nuits durant, dans le secret des jardins des palais vénitiens qu’illuminaient les festivités, elle se consuma d’une passion qu’elle pensait ne jamais connaître. »p. 17

Laissez-vous entraîner sur le site où vous attend un carnaval d’extraits de Morte à Venise, de Pauline Louis.

« Ses lèvres dédaigneuses s’étireront comme une cicatrice malmenée. »

« Ton sourire, pour que les clients reviennent ; ta beauté, pour assurer les bénéfices : le patron sera content. Ses lèvres dédaigneuses s’étireront comme une cicatrice malmenée. Il plongera ses pognes dans la caisse débordante, remplie par la besogne des crève-la-faim à sa merci. Pauvres diables sans parachute au bord d’un précipice. T’y voilà, Yolanda, au bord de ce trou. Tu le vois, en bas, ce ramassis de clochards, la trogne explosée dans le caniveau ? Ceux qui ont chuté. Toi peut-être demain. »p. 14
Quelques extraits de Yolanda, d’A. Nebojša, plus sont en lecture sur le site.

« La semaine dernière, j’ai volé un chemisier pour Lili. »

« Mes chaussures sont trouées, mon blouson est usé jusqu’à la corde. On ne peut pas cacher tout à fait ce genre de chose. Lili raccommode nos chaussettes. Elle passe un temps fou à prendre soin de nos affaires qui semblent prendre un malin plaisir à s’abîmer de plus en plus vite. On essaie de faire en sorte que les enfants soient toujours vêtus convenablement. On y arrive, je crois. Nous, c’est différent. La semaine dernière, j’ai volé un chemisier pour Lili. Un vêtement assorti à sa douceur et à sa grâce. Elle ne m’a pas posé de question, mais je sais qu’elle sait. Et probablement que ça lui fait mal de le porter parce qu’elle est honnête, Lili. »p. 17
Pas besoin de voler pour lire d’autres extraits du Poids du monde, de Marlene Tissot : ils sont en accès libre sur le site.

« Quand il arrive, la mère ne lui dit rien. »

« La mère a fait la lessive, a nourri les bêtes. Le matin, le père est parti en vélo au travail, il a dû se dépêcher pour ne pas arriver en retard ; après l’usine, il s’est dépêché encore, direction le bistrot, où il retrouve les collègues ; après le bistrot, enfin, direction la maison.Le phare avant de sa bicyclette est cassé, du coup il rentre en poussant son vélo. Quand il arrive, la mère ne lui dit rien. Il passe à table et les enfants veulent tous s’asseoir sur ses genoux pour qu’il leur chante une chanson. »p. 11
Extraits décousus d’Angèle, de Mael Le Guennec, à lire sur le site.