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Articles

Affichage des articles du novembre, 2014

«  Puisque demain ne la concerne pas, la vie n’est pas son avocat et le mépris a le juge dans sa poche. »

« Ainsi en est-il : pour certains, le destin n’a pas de visage, il n’a qu’un dos. Elle, elle connaît par cœur les épaules de sa veste élimée et le vaste trou dans le tissu à travers lequel se devine l’imposture. Yolanda aurait désespérément voulu être remarquée. Ce ne sera pas le cas. Elle n’est qu’une main servile dont on dispose, des seins et des fesses à reluquer. Morceaux de femme, puzzle de chair à exploiter. Puisque demain ne la concerne pas, la vie n’est pas son avocat et le mépris a le juge dans sa poche. »pp. 11/12
D'autres petits morceaux de Yolanda, d'A. Nebojša, sont à déguster sur le site.

« beaucoup d'émotions, ça bouscule »

« Lu d'un jet, j'ai adoré !!!Avec bonheur, je retrouve le style percutant de Thierry Moral dans Phare intérieur. « L'envers du miroir » d'un enfant incompris ou différent. De l'humour pour moi, malgré le tragique de situation ! Et puis, c'est pas moi, c'est lui le coupable... ce sont les objets qui agissent !! L'enfance et ses fantasmes monstrueux qui n'ont pas l'importance qu'on y accorde une fois adulte.Un livre à relire, qui marque comme Fred Loram.Merci Thierry pour ce beau partage... et désolé si je n'ai pas compris, car je n'en sors pas angoissé ni horrifié ! En tout cas, beaucoup d'émotions, ça bouscule ! »

Viaduc du Livre

Treize éditeurs de tous horizons, des auteurs de toutes plumes, des artistes de tous poils se se croiseront ou se succèderont au Viaduc des Arts pour un événement exceptionnel : Le Viaduc du Livre.


Une librairie éphémère d'exception tenue par 13 éditeurs indépendants. Des centaines de livres à découvrir, à offrir et à partager...
Une initiative de l’association internationale L’autre Livreavec la participation des éditions :
Chèvre Feuille ÉtoiléeDelgaD’ores et déjàJanusLa Feuille de théDe la ramondaLe Petit PavéLes Mots MigrateursLibrécritLis & ParleLunatiqueRessouvenancesRobert Jauze éditeur
& de L’autre Livre
Une programmation riche conçue par toutes les maisons d’édition, avec des rencontres (conteurs, illustrateurs, traducteurs, graveurs, typographes,...), des ateliers, des expositions, des lectures à une ou plusieurs voix, des défis poétiques, des chansons : de quoi satisfaire la curiosité de tous.
Lunatique sera représentée par Marianne Desroziers qui lira des extraits d…

« un type qui doit probablement souffrir de vertige tellement il a toujours été incapable de gravir le moindre échelon social »

« Avec Lili, on ne se dispute jamais. On dirait que c’est impossible. Lili est ce genre de femme devant laquelle on ne peut pas élever la voix. On sait que c’est inutile. Ou alors, on a peur de la voir se briser comme un verre de cristal. Pourtant, je sais bien qu’elle est solide. Sinon, elle ne pourrait jamais supporter de vivre avec un type comme moi. Un type qui foire, un type qui doit probablement souffrir de vertige tellement il a toujours été incapable de gravir le moindre échelon social. Oh, c’est pas que j’aurais vraiment voulu aller très haut. Je sais bien qu’au sommet la merde a la même odeur qu’ici. Mais j’aurais bien aimé atteindre le palier de la respectabilité. L’endroit où tu cesses d’avoir honte de ce qu’affichent tes fringues, honte de ta crasse, honte des produits premier prix que tu poses sous le regard vaguement méprisant de la caissière. »pp. 13/14D'autres petits bouts du Poids du monde, de Marlene Tissot, sont à déguster sur le site.

« Moi, je trouverais ça plus simple que chacun ait sa place. »

« Je me dirige vers ma table et découvre que quelqu’un est déjà assis à ma place. Je reste debout à côté de la table pendant un bon moment jusqu’à ce que l’on m’emmène un peu plus loin. Forcément, je m’assoie sur la chaise de quelqu’un d’autre. Moi, je trouverais ça plus simple que chacun ait sa place. Une fois installée, je demande :- Et si elle arrive ? Et si elle arrive ? Il faut que je retourne à ma place.Incapable de me relever seule, je reste là. De toute façon, je n’y pense déjà plus. »p. 10D'autres extraits d'Angèle, de Mael Le Guennec, sont à déguster sur le site.

« Suffisait qu’il ne me voie pas. Ou qu’il m’ignore comme les autres. »

« Z’aurais pu tomber plus mal. C’est ce qu’on appelle la sanse. Le coup de bol, quoi. Suffisait qu’il ne me voie pas. Ou qu’il m’ignore comme les autres. Z’en ai même vu qui accéléraient. Pied au planser. Comme si z’allais les mordre, comme si z’étais mésant. C’était une étranze soze que de les voir faire, surtout les enfants, que ze pouvais observer plus longuement, avec leurs nez collés à la vitre arrière. Ils me faisaient de grands signes avec les mains et ze croyais parfois qu’ils auraient le bras assez long pour faire revenir la voiture, pour attraper le bout de corde qui pendait à mon cou, pour m’emmener avec eux n’importe où… Enfin, z’ai couru pendant des heures. »p. 13D'autres extraits du recueil De l'amer, de Séverine Capeille, sont à découvrir sur le site.


« Prends soin de toi, jolie fleur ! »

« Vous écoutez. Vous lisez. Des mots et des mots, pour déculpabiliser. Les trahisons sont revisitées, envisagées tous azimuts, banalisées par des raisons décousues. Des excuses qui vous usent et vous laissent déçue. Vous les auriez voulues graves et majestueuses, mais elles se répandent en nauséabondes décharges. Un misérable verbiage en guise de réponse au désastre, une galéjade pour exagérer le carnage. Dans le meilleur des cas. Car il existe les excuses des ex qui n’en donnent pas.« Tu n’as jamais mérité tout ça », dit celui qui revient, après des mois, en passant par là. « Il n’y pas de réponse », prononce-t-il tel l’assassin qui s’ignore. Et il ajoute : « Prends soin de toi, jolie fleur ! » Oui, il ose l’apothéose, le « Prends soin de toi », il ose, le naze. La fleur qui fait déborder le vase. »pp. 22/23D'autres extraits du recueil De l'amour, de Séverine Capeille, sont à découvrir sur le site.

D’un salon l'autre

En plein préparatifs de la ZAL, qui se tiendra samedi prochain (22 novembre) de 14 à 23 heures à la salle Pétrarque (Montpellier), petite pensée nostalgique – oui, déjà – pour L'Autre SALON qui s'est déroulé sur trois jours le week-end dernier.
D'abord, un gros merci aux auteurs présents (et à venir) qui ont tapageusement animé le stand Lunatique : Benjamin Taïeb (Journal d'un fœtus)&Charlotte Monégier (Petite Fille)
Marlene Tissot (Mailles à l'envers & Le Poids du monde)avec Perrine Le Querrec
Jérémie Lefebvre (Danse avec Jésus)
Léna Ellka (Le Goût de la crêpe au chocolat)

« Ses parents ont refusé. Alors, je lui ai fait un enfant. »

« – J’étais très amoureux. J’ai demandé la main de ma bien-aimée selon les règles de la tradition. Mais ses parents ont refusé. (Silence.) Alors, je lui ai fait un enfant. (Secousse de la calèche.) Et je l’ai demandée en mariage une nouvelle fois. Ses parents ont refusé. (Silence.) Alors, je lui ai fait un autre enfant. (Virage, tu t’accroches.) Et je suis allé de nouveau la demander. Les parents ont refusé. (Silence.) Alors, je lui ai encore fait un enfant. Et j’ai encore demandé si je pouvais la marier. Les parents ont accepté.Un ange passe.– Que se serait-il passé s’ils avaient refusé ?– Je lui aurais fait un autre enfant.Le récit à peine fini, un bruit incongru retentit dans la brousse. Le conducteur, placide, sort son téléphone portable de sa poche. Après les salutations sérères version courte, il entame une conversation en wolof parsemée de grains de mots français que tes oreilles saisissent au vol. »p. 16
Retrouvez d'autres extraits de Mots de sable soufflés de Cécile Benois…

« son mari prit la malencontreuse initiative de l’étreindre pour la première fois »

« Le voyage dans un compartiment bondé de l’Orient-Express – plus prestigieux que confortable – fut épuisant et sans sommeil. Pourtant, lorsque Carmen longea le Grand Canal à bord du vaporetto qui les menait piazza San Marco, elle se sentit comme lavée de ses longues années de médiocrité. Las, au moment où la réalité rejoignait ses ambitions secrètes, son mari prit la malencontreuse initiative de l’étreindre pour la première fois. »pp. 10/11
Saviez-vous queMorte à Venise de Pauline Louisétait paru ?Retrouvez d'autres extraits sur le site.

Lire et écrire en Gascogne

Au lendemain de Nouvelles en musique (Bures-sur-Yvette), avec A. Nebojša et Sarah Taupin, Marianne Desroziers reprend le flambeau avec Lire et écrire en Gascogne (Castelnau d'Auzan, 32440).Elle y présentera, entre autres ouvrages, LEnfance crue.Et, pour reprendre le slogan des organisateurs : «  Faites plaisir, pensez à offrir un livre dédicacé ! »


« et cette peau, cette peau comme une boisson chaude, douce et sucrée. »

« Elle est jolie, Yolanda. De cette beauté parfaite, presque irréelle qu’on rencontre si rarement et qui assène un coup. Claque. Cogne l’âme de celui qui la reçoit en plein cœur, ne laisse pas le choix, s’impose avec l’assurance que confère l’évidence. Elle est jolie, Yolanda. Axiome. Un trait de crayon habile a tracé son profil. Menton mince et pointu, bouche ronde et rouge comme une cerise griotte, des paillettes dorées semées dans les yeux clairs, et cette peau, cette peau comme une boisson chaude, douce et sucrée. »pp. 7/8D'autres extraits de Yolanda, d'A. Nebojša,sont à lire ici.

« Oh, c’est pas que je m’en fais. Pour s’inquiéter, il faut avoir encore un peu d’espoir. »

« On va faire des balades le long du canal quand le ciel est dégagé. Ou même quand le ciel est gris. Parfois, on y va sous la pluie. On apprend à être de moins en moins exigeants. Je ne sais pas si c’est une bonne chose. Je me demande quel exemple on donne aux enfants. Qu’est-ce qu’ils tireront comme leçon de tout ça ? Est-ce qu’on les pousse comme tout nous pousse à espérer toujours moins, à se satisfaire d’un rien, à se contenter du minable sans broncher ? Lili dit que je devrais arrêter de m’en faire. Oh, c’est pas que je m’en fais. Pour s’inquiéter, il faut avoir encore un peu d’espoir. »p. 9D'autres extraits du Poids du monde, de Marlene Tissot, sont à lire ici.

Lunatique, partenaire du concours de nouvelles RadioPlus 2015

La Vie des Livres organise pour la deuxième année consécutive un concours de nouvelles, du 26 novembre 2014 au 1er avril 2015.
Comme l’an dernier, le thème est libre et le concours est ouvert à tous, à partir de 16 ans.
Le jury réunit 6 auteurs, un bibliothécaire, une comédienne, des lecteurs du réseau social du livre Libfly.com et un membre de l’association Esquelbecq Village du livre.
Des nouveautés pour l’édition 2015 : une publication dans un recueil, par les éditions Lunatique, pour les 10 premiers du palmarès, ainsi qu’une lecture publique de la nouvelle gagnante, lors de La Nuit des Livres, le 4 juillet 2015, à Esquelbecq Village du livre (près de Dunkerque).
Et toujours, la lecture sur les ondes de 

« Je me souviens des biscottes, après je ne me souviens pas. Je sais, c’est tout. »

« Il y a un petit air de fête aujourd’hui, c’est un jour de libération. Les vivants vont retourner dans le monde des vivants, le mort rejoindra les morts. C’est un peu comme un grand ménage de printemps où chaque chose trouve sa place. Les pompes funèbres vont passer à dix heures refermer le cercueil, puis, à onze heures, M. Taraudet sera dans la nef de l’église, avant d’être enterré au cimetière de Corps-Nuds. »Je me souviens des biscottes, après je ne me souviens pas. Je sais, c’est tout. On m’a raconté, sans doute.p. 8Retrouvez plus d’extraits d'Angèle, de Mael Le Guennec

« Tu dois être celle par qui il devra l’oublier. »

« Pic et pic et colegram. Une chambre d’hôtel bas de gamme. Carrée et impersonnelle. Sans âme. Un endroit parfait pour que se joue le drame. Une mise en scène improvisée sur tes vêtements éparpillés. Une scène de boulevard avec salle de bains sur le côté. Tu fermes les rideaux au public qui te condamne. Ta respiration commence à s’accélérer. Il trompe sa femme.Am et am et am stram gram. Tu ne sais presque rien sur elle, tu n’as rien demandé. Mais tu dois être opérationnelle, au cas où il voudrait comparer. Tu dois être celle par qui il devra l’oublier. Tu connais les qualités essentielles : passion, tendresse et fluidité. Et c’est là que ça coince, que ça a tendance à bloquer. Une maîtresse avec une sciatique devrait aller se rhabiller. Tu n’es pourtant pas de celles qui fuient les responsabilités. Tu veux te montrer à la hauteur du septième ciel que vous devez toucher. »p. 17Retrouvez d'autres extraits deDe l'amour, de Séverine Capeille

« Ça vole en éclat. Pas sans bavures quand ça tombe. »

Ne vous fiez pas à son titre, Phare intérieurest sombre, très sombre.
« Ça y est ! je l'ai lu.D'une traite. D'un coup d'un seul. Pas de chichis.C'est net et précis. Ça vole en éclat. Pas sans bavures quand ça tombe.Bistouri. Miroir. Pomme.Pour ceux qui ne l'ont pas lu, bonne histoire, le court n'empêche pas le bon. Direct et effrayant.Merci pour ce moment ! »

« L’auteur s’attaque à un mythe universel : Sophie. »

« Non, ce n’est pas un ado rebelle qui rumine au plus haut de sa crise mais bien un fœtus, dont la verve ne nous laisse pas indifférent et nous amuse, sûrement. Et quelle verve ! Une confession sans relâche, pas de temps mort, pas de repos. En cause, un monologue sans interruption, un débit de parole maîtrisé par le rythme des virgules afin de donner l’impression de souffler mais pas trop (surtout pas !) parce qu’il a bien l’intention de tout dire avant de se pointer. Et la liste est longue, rien ne lui échappe.Pour l’auteur, la voix du fœtus est une aubaine, la parole est libre et le genre de personnage, à ma connaissance, assez peu conventionnel. Il faut dire qu’on se demande bien où il va nous emmener et honnêtement, la maternité, les nouveau-nés ce n’était pas mon univers. Pour autant, l’approche, somme toute originale, a fini par piquer ma curiosité.Dès les premières lignes, j’étais séduite. On débarque de but en blanc dans son univers, on capte sa pensée. Ça tient en haleine, ça…

« Un couple improbable, Cloelia et Brian. »

« Cloelia Tiberim tranauit. Clélie traversa le Tibre. Pour le reste, il faut chercher, fermer les yeux en fronçant les sourcils pour retrouver... une déclinaison, peut-être : Rosa, rosam… Dominus, dominum… Un mot par-ci, un mot par-là… Il ne reste pas grand-chose. Non, presque rien de toutes ces années de latin. Juste cette phrase qui résiste aux années, ancrée dans la mémoire aux côtés de “Brian is in the kitchen”. Un couple improbable, Cloelia et Brian. L’une traverse le Tibre pendant que l’autre squatte la cuisine. Un duo qui inverse les rôles ce qui, d’un point de vue sociologique, présente déjà un certain intérêt. Mais il y a plus important : ces deux personnages peuvent témoigner de l’enthousiasme qui anime chacun au début de son apprentissage. On répète Cloelia Tiberim Tranauit, et on trouve ça joli. Brian is in the kitchen ? OK, pas de problème. Le ridicule ne fait pas peur, on peut se tromper sans rougir : après tout, on est novice. La première phrase passe comme une lettre à…

«  Alors l’Afrique… »

« Des bribes de grandes affirmations sur l’Afrique résonnent. Tu repenses à ce que tu as entendu, à ce que tu as lu, à toutes les mises en garde tambourinées quand tu disais vouloir faire ton grand voyage. Tu disais cela ? Tu es sûre ? Combien de discoureurs as-tu entendus assener d’étranges vérités sur l’Afrique ? Combien de vieux blancs se vantant d’être plus africains que les Africains vas-tu croiser ? Comment peuvent-ils dire qu’ils connaissent tout le continent ? C’est possible de parcourir une terre si vaste ? De connaître ses habitants, ses paysages, ses douleurs, ses balbutiements, ses rires, ses récits, ses regrets, ses envies ? Quelques sauts de puce sur l’île où tu vas pourraient déjà occuper toute une vie. Alors l’Afrique… C’est pour les ethnologues du siècle dernier et celui d’avant, c’est pour les grands écrivains qui en ont les moyens, c’est pour les aventuriers qui croient pouvoir connaître un continent en le parcourant en une année, c’est pour les intellectuels qui dé…

« une épouvantable erreur, mais en aucun cas une fatalité »

« Carmen Niccoli était née le 8 mars 1940, à Billom, petite ville au riche patrimoine médiéval, proche de Clermont-Ferrand. Fille unique et choyée d’un clerc de notaire et d’une couturière, Carmen tenait de son père le sens des réalités et de sa mère une élégance alors réservée aux femmes de la capitale. La distinction de Carmen, son maintien si gracieux émerveillaient quiconque posait les yeux sur elle. De fait, elle-même, par une forme d’hystérie propre aux jeunes filles, était persuadée que sa condition de fille née à Billom, petite ville à la périphérie de Clermont-Ferrand, de l’union d’un gratte-papier et d’une cousette, ne pouvait qu’être une épouvantable erreur, mais en aucun cas une fatalité. Elle en avait la certitude : une autre vie, quelque part, l’attendait. »
p. 9Découvrez d'autres extraits de Morte à Venise, de Pauline Louis