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Articles

Affichage des articles du janvier, 2014

« Je suis parfois sans force, sans volonté aucune. Et parfois pleine de hargne, de foi immense en la vie. »

« Pour la première fois depuis six mois, depuis mon entrée dans Orléans, je ne suis plus au cœur des batailles. Je ne sais même plus où ont lieu les combats. Tout est flou autour de moi. Comme si l’information me parvenait volontairement brouillée.Tout ce que je sais c’est que l’armée royale est vers le Nord, au-delà des terres que je connais.Je me sens chaque jour plus inutile. À quoi me sert d’avoir inventé mon histoire si c’est pour rester à attendre le bon vouloir d’un roi.Je suis parfois sans force, sans volonté aucune. Et parfois pleine de hargne, de foi immense en la vie.Je m’appelle Jehanne. J’aurai bientôt dix-huit ans. Je n’ai pas le droit de gâcher le peu de temps qu’il me reste à vivre. »p. 92
Retrouvez d'autres extraitsde Jehanne, de Violaine Bérot

« C’est une époque révolue, comme un chapitre de roman mielleux et irréel, lu d’une traite et puis voilà, c’est terminé. »

« La nuit entière, le ciel a crié de toutes ses forces à travers les arbres de la place donnant sur la ville, les pontons hissés sur la digue, de l’autre côté, et toutes les ailes de ces oiseaux de nuit qui volent sans répit jusqu’au petit matin. Tu n’as pas dormi et Béatrice non plus. Elle a gardé les yeux braqués sur le plafond, hypnotisée par la peinture blanchie. Elle a tenté de deviner, chaque minute, chaque seconde, où se cachaient ses propres blessures parmi les quelques fissures de la pièce, et s’imaginait, lorsqu’elle en apercevait une, quel mélange chimique aurait bien pu panser tout ce qui l’avait tuée ces derniers mois.Elle a rêvé du Père, aussi, ce point d’ancrage mortel, là où tout commence, là où tout prend fin, non sans mélodrame puisque la femme est ainsi faite : dépendante tout entière et malgré elle de l’image paternelle. Elle s’est souvenu du sien, de père, qui portait des lunettes en écaille de tortue – c’est ce qu’il racontait – et qui aimait tant faire sauter se…

« Mêlez-vous de ce qui vous regarde »

« Ils n’ont aucune chance de survivre si vous ne les ramenez pas où vous les avez trouvés.– Mêlez-vous de ce qui vous regarde », répond Pic Paris sèchement.Impossible de frayer avec le commun des mortels. Pas fâché, l’homme s’en retourne à sa table où il se met à griffonner sur la nappe.Pic Paris s’installe face au nid, commande un verre de rosé, sort son calepin, son crayon, respire un grand coup et ferme les yeux.p. 21
Retrouvez tous les extraits du Nid, de Pauline Louis.

« ... elle avait pris une poignée de terre dans sa main et l’avait mangée lentement, par petites bouchées... »

« La nuit, elle se régalait de terre. Ç’avait le goût d’aliments qui faisaient son délice : le café, les betteraves, les salsifis. Au début, elle avait pris une poignée de terre dans sa main et l’avait mangée lentement, par petites bouchées, comme quand elle déjeunait à la cantine ou dînait avec son père. Puis la folle envie lui était venue de se rouler par terre et de la lécher. C’était tellement meilleur ainsi. »p. 24
Retrouvez d'autres extraits de L'Enfance crue, de Marianne Desroziers

« De la guerre il y a deux choses que l’on ne peut pas effacer de sa mémoire : les cris et l’odeur. »

« De la guerre il y a deux choses que l’on ne peut pas effacer de sa mémoire : les cris et l’odeur. Ce soir-là, j’ai entendu pour la première fois les cris de douleur de ces hommes, amis ou ennemis, des cris tous semblables quelle qu’en soit la langue, des cris à vous déchirer le ventre, à vous faire vomir. Et, par-dessus les cris, l’odeur, l’odeur du sang, de la sueur, des chevaux, l’odeur du feu, du brûlé, de l’horreur.De la guerre il me reste une image. Celle de cet homme si beau, si jeune, dont je n’ai jamais su s’il avait combattu pour ou contre moi, qui fut le premier mort sur lequel s’arrêta mon regard. Cet homme tordu en deux de douleur de mourir, cet homme comme un reproche à l’histoire cruelle que j’avais inventée, à mon jeu pervers qui allait en conduire tant d’autres à la mort. »p. 66Retrouvez d'autres extraits de Jehanne, de Violaine Bérot

« Et tu écrivis qu’elles furent bonnes ces petites cigarettes fumées sur un bout de trottoir... »

« – Tu as l’air triste, Petite Fille. Prends une cigarette, ça ira mieux.Tu levas des yeux étonnés vers lui : c’était le vieux au chat obèse.–N’aie pas peur de moi.Il soupira, puis partit comme un mirage vers la banlieue, cette aire brute aux airs glauques, avec ses immeubles fatigués et ses adolescents aux casquettes protectrices. Le vieux avait laissé la fin de son paquet de cigarettes, avec un briquet. Tu regardas le tout avec dégoût, et puis la curiosité fut trop forte. Tu voyais tes parents fumer depuis des années. Donc tu essayas. Il en restait seize dans le paquet. Tu les fumas toutes. Chacune fit naître d’étranges sentiments en toi, une impression de légèreté, puis de disparition, de suicide calculé, contrôlé, délicieux, bouffée après bouffée. Une façon de disparaître toute mesurée. Une fois le rituel achevé, tu sortis ton carnet et pris un stylo, les doigts tremblants, pleins de sensations nouvelles. Et tu écrivis qu’elles furent bonnes ces petites cigarettes fumées sur un bo…

« Toujours regarder vers le haut ! Toujours rester attentif aux signes du destin ! »

« À son tour, Pic Paris lève les yeux au plafond et repère le nid au bord du plafonnier, d’où émerge quelque plumet d’oisillons. Alors que le commun s’étonne de la présence du nid au plafond, un poète, dans son innocence profonde, est seul à pouvoir s’accommoder de pareille incongruité. Là où les autres ne voient qu’un fait divers rompant la monotonie du quotidien, prétexte à se répandre en bavardages inutiles, lui, le poète Pic Paris, y voit le présage du bouleversement de sa vie. Toujours regarder vers le haut ! Toujours rester attentif aux signes du destin ! »p. 18
Retrouvez tous les extraits du Nid, de Pauline Louis.

« L’endroit idéal, depuis des générations, pour traîner son spleen et son mal-être. »

« La cour du collège, froide et grise. Béton et gravier jouxtant un petit carré de pelouse mal entretenu. Pas même une pâquerette égarée faisant de l’œil aux amoureux. D’ailleurs, on ne voyait pas d’adolescents se tenant par la main ou s’embrassant maladroitement. L’amour semblait avoir disparu. L’amitié était fragile, presque inexistante, se réduisant à une camaraderie opportuniste qui renvoyait chacun à sa solitude dans un établissement ressemblant à une usine. Une usine à fabriquer des individus dociles, soumis, peureux. L’endroit idéal, depuis des générations, pour traîner son spleen et son mal-être. »pp. 17/18
Retrouvez d'autres extraits de L'Enfance crue, de Marianne Desroziers

« J’ai besoin de violence, de sueur et de sang. »

« Je vais me battre. Me battre comme une enragée. J’ai besoin de violence, de sueur et de sang. Je vais me battre à tous les faire frémir, ceux que j’aime et ceux que je n’aime pas, je vais me battre pour qu’ils aient peur, tous, qu’ils arrêtent cette histoire stupide, qu’ils comprennent.Que lui, surtout, comprenne.J’ai envie de pleurer.
Pleure Jehanne, pleure. Tu n’as pas fini d’en avoir envie…
Cet homme en face de moi c’est le Bâtard d’Orléans. C’est lui qui doit protéger la ville, c’est auprès de lui que nous venons combattre. Et voilà qu’il m’explique, calmement, qu’à l’endroit où nous sommes nous avons dépassé la ville, l’avons même contournée pour éviter l’ennemi. Et il me dit cela le plus naturellement du monde, à moi qui veux me noyer dans le sang, à moi qui attends comme une délivrance cet affrontement.Je voudrais les gifler tous. Lâches et menteurs qui m’entourent. Je suis là pour me battre et tous me protègent comme une poupée trop fragile. Je sens la colère, la colère noire …

« Et tu te fais deux promesses, deux promesses de petite fille, que tu oublieras forcément »

On ne sait pas grand-chose de Petite Fille, sinon qu’elle a atteint l’âge où les ours en peluche disparaissent sans regrets de la chambre à coucher, et où l’on accourt à la cuisine lécher la casserole de chocolat.Petite Fille s’accroche à l’enfance comme une goutte de pluie sur une vitre sale, de l’autre côté ; car son histoire ne lui appartient pas vraiment. Elle se fait voler la vedette par Béatrice et le Père, dont les éclats de vie se plantent douloureusement dans son enfance, y laissant des marques indélébiles.Toute l’histoire de Petite Fille se construit sur la dualité : les adultes/les enfants, Béatrice/le Père, l’appartement parisien/la chambre d’hôtel au bord de la mer, la réalité/l’imaginaire, confrontant sa jeune héroïne à l’impossible choix de rester une enfant ou de grandir.Charlotte Monégier a composé un roman troublant, poétique et profond, comme cette mer qui fascine tant Petite Fille. Par petites touches délicates, sans un mot plus haut que l’autre, elle ébauche le po…

C'est vous qui le dites... à propos de La toute petite fille monstre

Présélectionné dans le cadre du Festival du Premier Roman de Chambéry 2014, La toute petite fille monstred'A. Nebojša, est présent sur le site d'Alphalire.
Les commentaires sont nombreux et toujours élogieux :



Merci à vous tous, lecteurs, pour ces témoignages et réflexions.
Pour rappel, La toute petite fille monstre a été distingué par Lecture en Tête. A. Nebojša sera invitée au festival du Premier Roman de Laval, du 17 au 20 avril 2014.

Coup sur coup

Plus d'informations :Médiathèque municipale Pecha'bouquine29, avenue d'Occitane, Pechabou05.61.27.80.51
Pour rappel, le lendemain, Violaine Bérot a été invitée au salon Livre d'hiver, à Montgiscard.

Deux rendez-vous consécutifs avec Violaine, il n'en fallait pas moins pour bien démarrer l'année !

« La coiffure, c’était toute une histoire pour Ligie qui avait les cheveux longs, très longs, interminablement longs. »

L’Enfance crue, c’est l’histoire de Ligie, petite fille triste à la longue natte blonde. Orpheline de mère, Ligie vit avec son père qui semble avoir du mal à surmonter son chagrin. Le pauvre homme s’use au travail et s’avère quasi inexistant dans la vie de la petite fille : ce n’est pas à lui qu’elle pourrait demander de la coiffer, pas plus qu’elle ne lève les yeux sur lui par-dessus la table du dîner.
« Il fallait se lever, aller à la salle de bain, prendre sa douche, et surtout se coiffer. La coiffure, c’était toute une histoire pour Ligie qui avait les cheveux longs, très longs, interminablement longs. Elle ne connaissait personne qui avait les cheveux plus longs qu’elle. Chaque jour, elle devait les nouer en une tresse immense qui cascadait dans son dos jusqu’au dessus des pieds. Sa mère avait autrefois peigné, lissé et patiemment natté ses longs cheveux, prenant certains jours un réel plaisir à nouer ce lien très fort entre elles, et d’autres jours considérant cette tâche telle u…

Court toujours !

De collection proprement dite, Lunatique n'en compte qu’une : 36eDeux Sous, pour des textes courts (moins de 36 pages), et donc vendus pas cher (deux sous).

Parisienne d'origine, Lunatique a souhaité, en concevant 36eDeux Sous  des petits livres à dévorer d’une traite le temps d’un trajet en métro.
Beaucoup de nouveautés ponctueront cette année 2014 pour agrémenter cette collection qui nous tient tant à cœur. Ainsi pourrez-vous découvrir bientôt L'Enfance crue (Marianne Desroziers) et Le Nid (Pauline Louis) ; puis, au printemps, Phare intérieur (Thierry Moral), et De l'amour& De l'amer(Séverine Capeille) ; et... quelques autres encore dans les mois qui suivront.

« À quelle table s’asseoir pour rassasier ses appétits de beauté et de transcendance ? »

« Trop petit, Le Dôme, trop de souvenirs… Pascin et son désespoir. Modi et sa volubilité, sa beauté encore perceptible, malgré l’alcool et la maladie. Utrillo avant son internement… »Il a de la culture, Pic Paris !Cependant que tout lui paraît vain, Pic Paris déprime. À quel zinc s’accouder pour étancher sa soif ? À quelle table s’asseoir pour rassasier ses appétits de beauté et de transcendance ? La Coupole, bien sûr ! Un territoire vierge, que peintres et écrivains n’ont pas encore souillé, où nul fantôme glorieux ne flotte, un lieu dépourvu de ces ombres qui terniraient la moindre illumination. Tout est à faire à La Coupole, pour qui sait écrire ! Son œuvre naîtra enfin.p. 16
La bohème, la bohèmeÇa voulait dire on a vingt ansLa bohème, la bohèmeEt nous vivions de l’air du temps
Le Nid, c’est l’histoire de Pic Paris, cajoleur de rêves, rebelle — poète ! —, qui entre deux verres de vin, refait le monde au comptoir des brasseries du boulevard Montparnasse. Accroché au zinc pour ne pas s…

« Je ne connaissais rien de la pleine nuit. »

Deuxième rencontre avec Jehanne, de Violaine Bérot, sur la route qui la mène au roi Charles VII.
« Nous avançons de nuit. Le pays n’est pas sûr. Cela ajoute quelque chose d’irréel à notre aventure. Il fait très froid. Le ciel est d’une pureté presque anormale.Je ne connaissais rien de la pleine nuit. Juste la fin ou le début du jour. Jamais l’entre les deux.Nos chevaux marchent serrés les uns contre les autres, comme à la recherche d’un peu de chaleur.Je me laisse bercer.Le froid m’engourdit. Je ne sens plus mes mains malgré les gros gants de laine d’oncle Lascar. J’ai le nez gelé. J’ai peur de le perdre au premier faux pas de ma monture.Nous ne parlons pas. Même nos chevaux semblent avancer sur la pointe des pieds.
Nous avons mis onze jours. Onze jours à voyager de nuit et à dormir le jour. Onze jours glacés du plein cœur de l’hiver. Je ne me souviens que du froid, de la lenteur de notre marche, de ces bruits de la nuit au milieu desquels nous tressaillions en silence. De Jean aussi, d…

« Béatrice, elle a la voix des trains qui partent tard le soir vers Saint-Lazare, ceux qui se transforment en filet d’argent passé la dernière maison »

Partie de Paris pour éviter le métro et les dégradés de gris, Charlotte Monégier vit dans une petite bourgade du Calvados, avec la Manche en face, des dunes autour, un chat sympa et presque rien d’autre. L’ermitage idéal pour créer des personnages.Après avoir été publiée par différentes revues littéraires, elle a participé aux ouvrages collectifs des Éditions Antidata et de Stéphane Million Éditeur, comme nouvelliste. En 2011, son premier roman Elsa a peur de l’eau est paru aux éditions Kirographaires et, en 2013, certains de ses poèmes ont été publiés aux Éditions Flammarion. Petite Fille est son deuxième roman.

Petite Fille raconte les brèches de l’enfance, celles qui précipitent forcément vers l’âge adulte. L’histoire se déroule entre Paris et la Normandie, à travers les yeux d’une adolescente, bleus ou verts selon les circonstances.Une chronique familiale, pleine de grâce et de poésie, qui s’inscrit dans un quotidien chancelant, saturé des arômes mêlés de cacao rassurant et de whis…

Brouillon de culture

Il paraît que ce n'est encore qu'un brouillon d'affiche. Le programme de cette journée du 24 mai, lui, est bel et bien établi :

Deuxièmes lectures buissonnières - le samedi 24 mai 2014 à Saint-Aubin-du-Cormier
Manifestation organisée par la médiathèque de Saint-Aubin et les penchants du roseau. Elle est de taille modeste, mais l'œuvre d’une poignée de passionnés de littérature. (Aperçu des premières lectures)
Thème central : rencontre avec trois couples auteur/éditeur autour de trois livres.
Les pieds nus de Zadkinede Gaëtan Lecoq, éd. La Part commune (Rennes)Mailles à l’enversde Marlène Tissot, éd. Lunatique (Vitré)Laure Disparue de Marianne Desroziers, éd. Monplaisir (Eure)
La librairie de ces lectures sera assurée par L'Encre de Bretagne (Rennes), le fonds proposé – outre les trois livres présentés – sera composé essentiellement des livres des éditeurs invités.
Déroulement de la journée du 24 mai :10 h : accueil à la médiathèque.10 h 30 – 12 h 30 : balade dans Saint-A…

« Accroché au comptoir comme un naufragé au flanc de son radeau, il recherche la substance essentielle, selon lui, à toute inspiration : l’authenticité. »

Lui, Pic Paris, le rageur et l’insoumis, rivé au comptoir de sa liberté, rêve de versifier les fulgurances de sa sensibilité.« Je suis libre. La vie est absurde, fragile, elle ne tient qu’à un fil. Dans une cage, l’oiseau chante et… »Son stylo reste suspendu. Une cage, c’est la merde...
Le Nid, une histoire courte de la collection36ᵉ Deux Sous:Au gré des déambulations de Pic Paris, poète plus imbibé qu’inspiré, Pauline Louis nous balade dans le temps. Surgit sous sa plume vive et enjouée l’épopée des grandes brasseries parisiennes du xxᵉ siècle, où s’asseyaient au coude à coude sur les banquettes de moleskine muses mutines et « crayonneurs trousse-jupons » en quête de plaisir autant que de gloire. 


« L’aisance, le confort, la superficialité d’une vie bourgeoise où pureté et sincérité s’effacent derrière les billets de banque représentent, à ses yeux, la mort de l’art. Pour ce Pic Paris – c’est son nom –, la fortune tue le désir, et l’absence de désir ôte toute substance à la vie et anéa…

« La peur diffuse dans tout le corps. L’excitation concentrée au creux du ventre. »

Ligie est petite pour son âge. Au point que, assise sur une chaise, ses pieds se balancent dans le vide. Elle manifeste aussi un goût prononcé pour tout ce qui relève de l’étrange, tels que les cabinets de curiosité, l’alchimie, la cryptozoologie ou le cinéma muet allemand. Bonne élève, Ligie donne le change à ces adultes qui hésitent sur l’attitude à adopter face à une orpheline. Pourtant, rien de cela ne suffit à expliquer qu’elle soit si différente des autres enfants de sa classe.
Marianne Desroziers a trempé sa plume dans une encre fantastique pour dépeindre le monde de Ligie, si terne et rude le jour, mais la nuit si extravagant, dans la forêt de ses rêves.
Fable naïve ou conte cruel, L’Enfance crue ne lâche pas le lecteur, dont les pensées longtemps tenteront de suivre Ligie « de l’autre côté », et de comprendre.

« Elle courait à perdre haleine. S’arrêtant parfois pour changer de direction, repartant au hasard. Égarée au milieu de la forêt. À la fois effrayée et excitée. La peur di…

« Je préfère cette vie que je m’invente, cette vie qui ne pourra être que débordante, à toute autre vie, si longue soit-elle. »

C'est à Laval que Lunatique a rencontré Violaine Bérot. Elle nous offre alors de rééditer Tout pour Titou (Zulma, 2000), petit bijou « d'amour noir » et, dans la foulée, nous propose le très beau et lumineux Pas moins que lui. Avant de retourner dans sa montagne, elle a ce geste, sublime, d'un dernier cadeau : ce sera Jehanne, son tout premier roman (Denoël, 1995).Jehanne est le premier roman de Violaine. Vingt ans plus tard, il n’a rien perdu de sa fraîcheur.Rebelle et amoureuse, la Pucelle d’Orléans devra livrer ici la plus difficile des batailles, contre son statut d’icône, envoyée d’un dieu qui la retient d’être femme parmi les hommes.

Mon plan est simple. Complètement démesuré. Totalement insensé. Mais simple. Il faudra toujours que je l’expose dans les mêmes termes, ceux que j’ai testés sur l’oncle Lascar.J’avais treize ans. C’était dans le jardin de mon père, en été, en plein midi. Il y a eu une voix. Et en même temps une immense clarté. « Dieu t’ordonne de lever le …